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Biographie de Scathach

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Scathach Mac Derile, Asgeirsdóttir. Scathach est née au nord de l'Ecosse, dans le Caith à Ken'Naoch : un village situé entre de vastes tourbières et les rivages agités de l'atlantique. Comme leurs ancêtres pictes, les habitants de Ken'naoch pratiquent la piraterie en plus de l'élevage et de la pêche. Installés sur des côtes dangereuses, ce sont de bons navigateurs. La position isolé du village l'a maintenu pendant longtemps à l'écart aussi bien de l'influence Scoth que des raids vikings ou d'une christianisation massive. On y parle toujours la langue picte et les traditions restent celles de ce peuple. La mère de Scathach : Derile est né au village. Guérisseuse, rebouteuse, elle sait lire et graver les ogham, calmer les orages. Chrétienne, elle n'en continue pas moins à prier les anciens dieux d'Ecosse. Le père de Scathach, Asgeir Olrikson est un viking norvégien païen, banni qui a fait de Ken'naoch une étape avant de partir vers l'Ouest. Navigatrice et combattante, Scathach rejoint la Branche Rouge durant la bataille de Clontarf. Elle passe un an à écumer l'Europe avec eux, puis part rejoindre son père au Groënland, et embarque avec lui pour le Vinland, avec l'expédition menée par Freydis. Après sa mort selon le voeu de son père elle retourne en Norvège. Elle y rencontre son grand père, un homme du Seidr. C'est auprès de lui qu'elle apprend l'art du verre.

Noël 991

Comme chaque matin, Derile s’avance sur le chemin les dunes.
Elle s’arrête dans la petite église bois pour une rapide prière à Marie. Après une génuflexion, elle reprend sa route jusqu’aux rochers qui s’avancent dans la mer.
Sur ces pierres noires battues par l’écume, elle adresse une autre prière à celui que les Scoth nomme Mananan Mac Lyr, l’ancien dieux des rivages qui dans sa langue à elle, le picte, porte encore un autre nom. Elle prie pour que son père rentre sans encombre de son séjour en mer, pour que l’homme qu’elle doit épouser, Taran, ne soit pas englouti par les flots. Cinq nuits, déjà, qu’ils sont en mer. Il faudrait un miracle…
Alors que l’aube se lève, Derile confie une perle de quartz à la mer
- Veille sur eux
Elle fixe un long moment le rocher qui se dresse au bout de la baie. Elle sait, c'est écrit dans les vagues. Il est arrivé malheur, la mer a pris son tribut. Sur le chemin qui la ramène chez elle, elle ramasse des plantes, des feuilles et des racines pour soigner le fils du vieil homme qui répare les filets.
- A quoi bon soigner les hommes puisque la mer les prendra tôt ou tard, pense-t-elle.
Dérile habite seule dans la maison de sa grand-mère, la vieille femme qui lui a appris à reconnaitre les plantes. Son corps repose à présent en terre près du promontoire, face à la mer. Elle n'a pas voulu de l'enclos près de l'Eglise… 

Un corps desséché par le sel… Elle est morte, et ce soir ce sera son tour de rappeler les histoires anciennes… Ce soir c’est Noël, c‘est aussi la nuit la plus longue. C’est toujours chez elle dans la plus vielle maison du village, autour du feu que la trentaine d’habitants du hameau se rassemble après la messe de minuit. Jamais ces veillées n'ont lieu dans le grand hall de bois ou se déroulent les fête de l'été: trop dangereux, trop près des esprits.

- Ils n’ont qu’un œil, qu’un bras et qu’une jambe, leur regard peut briser les marins, les pétrifier… » La voix claire de Derile heurte l’obscurité qui engourdi la pièce. Dehors, la pluie redouble… Les vieillards murmurent
- Formoi’re »
Les enfants la fixe, serrés contre les genoux de leurs mères… Le jeune prêtre reprend
- Formoi’re les démons »…
- Des démons, de glace et d’ombre, répète Dérile en se signant avant de reprendre son histoire : La grand-mère de ma grand-mère raconte qu’ils sont venus à Ken'Naoch, une nuit sans lune. Une nuit comme celle-ci, la nuit de l’équinoxe d’hiver. Des géants terribles, vomis par un navire noir. Une croix protégeait le rivage, on dit que Saint Drostan lui même l'avait planté là. Cette nuit-là, la foudre l’a abattu. Alors les démons sont venus. Ils n’ont pas pu s'approcher de la chapelle... Ils l’ont contournée. 13 guerriers, dit-on, couverts d’armures de ténèbres. On dit qu’ils n’ont qu’un œil, qu’un bras et qu’une jambe. Le reste de leur corps est déjà en enfer. Après le calvaire, la foudre a touché l’église… Ceux de Ken'Naoch sont sortis pour voir l’enfer se déchainer sur le village. Les hommes mourraient par l’épée ou la glace. Quand Baler, le chef des démons, fixait un homme, celui-ci rendait son dernier souffle.
- Le Cornu,… reprend le prêtre »
- Il n’avait pas de cornes, mais nous savons tous que c’était lui, confirme Derile. … Ils sont montés jusqu’ici où plusieurs familles s’étaient rassemblées, mais ils n’ont pas pu entrer, la pierre les a repoussés… Le regard de Lena se pose sur la large plaque grise recouverte de symboles anciens, placée derrière le foyer. Le serpent et le croissant pointes vers le bas... Ils la voulaient mais ils n’ont pas pu la prendre… Alors ils se sont vengés, ils ont violé les femmes, les hommes aussi parfois, puis ont tués tous les mâles, sauf ceux qui ont fui.
Leur chef a craché une promesse au visage de la femme qu’il venait de violer, mon arrière-arrière-arrière grand-mère : « Nous reviendrons, au cœur de l’hiver, nous reviendrons » … la suite de ses paroles s’est perdue, c’est du moins ce que Dérile affirme... Pourtant, ces mots sont inscrits en lettre de feu dans sa mémoire
Les femmes qui ont subi les assauts des formoi’res évoquaient un froid glacial… La lendemain, beaucoup étaient mortes, gelées.
Parmi celles qui ont survécu, certaines ont porté des enfants, précipités dans la mer dès leur naissance. On dit qu’ils avaient un aspect déformé. Malgré tout, certaines ont choisi de garder ces fils du démon, les ont baptisés pour éloigner le mal, et le Seigneur dans sa miséricorde les a lavé des pêchés de leurs pères. Beaucoup de ces enfants sont nos ancêtres.
Nous avons reconstruit la croix et depuis, ils ne sont jamais revenus. Le seigneur veille sur Ken’Naoch. Mais depuis cette nuit funeste, chaque nuit de Noël, nous veillons ensemble. Prions le seigneur… »
Tous joignent leurs mains et leurs voix pour une prière.
- Combien ici croient encore a cette vieille histoire? se demande Dérile. Elle et le prêtre ? Et encore... Le jeune clerc ne feint-il pas d’y croire pour donner plus de force à ses sermons ? Pour les autres, c’est simplement une histoire. …
Le feu a réchauffé la pièce et certains commencent à s’endormir.

Dehors, dans la nuit, un craquement a troublé le silence. Les villageois sortent de leur torpeur…Derile se dresse, livide, pousse la porte et regarde vers la mer. Près du rivage, le calvaire brûle.
Des ombres s’avancent dans le clair obscur de l'incendie. L' épée au clair. Un navire se dresse sur la grève. Prières, cris, panique.
- Formoi’re... murmure t elle
- Des pillards... Les hommes du nords, ils sont passés. Il faut s’armer!
- Il faut s’armer, reprennent les villageois... ou fuir!
En quelques secondes, Dérile se retrouve seule sur le pas de sa porte avec le prêtre.
- Ils sont venus pour nous, il n’y a pas de hasard, qu’avons nous a piller ici !
Trois masures s’enflamment sur le passage des nouveaux venus, puis la chapelle… 6 hommes parviennent à la maison de Dérile. Un couteau à la main, elle les attend. Dans l’ombre on ne voit pas leurs traits. Le prêtre s’avance vers eux, sa croix à la main, puis s’écroule.
Dérile est prête à prononcer les paroles transmises de générations en générations quand les flammes du foyer éclairent le visage de l’homme qui vient de tuer le prêtre… un homme, un pillard, un homme du nord.

C’est cette nuit si spéciale que les vikings se sont installés à Ken'Naoch. 

Leur chef, Asgeir, mon père, était norvégien. Il cherchait un endroit pour se faire oublier un moment et récupérer. 

Bani de Norvège après une querelle avec son frère ou le sang avait coulé, puni à cause de sa foi. Il venait de perdre perdu beaucoup d’hommes sur un raid et à peine 30 guerriers ramaient encore sur les deux knorr. Il avait promis aux homme qui l'avaient suivis des raids glorieux sur l'irlande avant de partir vers l'Ouest en Islande. Mais les dieux ne lui avaient pas été favorables.
Cette nuit la, il lui fallait une terre d’asile, le temps de laisser se tasser les choses, d’imaginer l’avenir qu'il voulait reconstruire vers l'ouest… Il lui falait un havre sur.

Plus de la moitié des hommes de Ken'Naoch furent tués en défendant leurs biens, quelques femmes violées. 

Le village attendait que les knorrs repartent, mais il ne sont pas reparti. Asgeir fit de ma mère sa captive puis sa compagne et sa femme. Beaucoup d’autres vikings se lièrent aux femmes de Ken’Naoch, certains acceptèrent un mariage chrétien, mais ils furent très peu nombreux...  

Les hommes qui avaient suivis mon père dans son exil portaient tous le mateau de thor. Ils avaient laissé derrière eux leur terre gangrené par les christianisme. Fidèles des anciens dieux, leur foi leur portaient préjudice dans les affaires et en avait évincé certains du pouvoir. Alors quand ils passaient devant l'Eglise en cendre de ken naoch, ils ressentaient une vague satisfaction. Bien sur, il faudrait aller quérir un nouveau prètre au printemps et peut être reconstruire une chapelle. Les habitant du village étaient chrétien depuis trop longtemps pour se passer de tonsure... Mais cet hiver se finirait sans messe et celà plaisait à ces hommes du Nord.

Les vikings s'étaient finalement installés au villlage. Le sang coula : des fils vengèrent leur père ou leur mère, des hommes du nord périrent. Mais les longues nuit d'hiver tissaient ensemble les destin des pictes et des norvégiens. Après cette nuit barbare, les pillards étaient redevenus des hommes : fermiers, pêcheurs, artisans. Ils occupaient les masures dont les propriétaires avaient péri, réparaient leurs bateaux. Ils péchaient pour se nourrir, organisèrent un commerce pour se fournir en grain… leurs compagnes avaient du poisson et du pain pour vivre…. Au printemps mon père et ses homme construisaient une maison longue... rentraient en contact avec d'autre établissement norvégiens dans la région... Un an plus tard, je naissais… 

Avec le temps le village était devenu prospère. Nous commercions un peu, nous pêchions. Mon père ets hommes lançaient des raids sur les côtes d’Irlande. Il semblait avoir oublié l'Islande, pour un temps.
J’apprenais à naviguer très jeune, mon père m’élevait comme le fils qu’il n’arrivait pas à avoir avec ma mère devenue stérile après son accouchement.
Peut être ma mère lui avait-elle  donné un filtre. Il ne pris jamais d’autre compagne…
Derile m’apprenait à connaître les plantes, à soigner, Asgeir a me battre et à manœuvrer en mer.

La bataille de Clontarff, 1014

A Ken’Naoch, mon père attendait son heure, il savait que sa vengeance viendrait… Le jour ou nous avons embarqué pour l’Irlande, il comptait enfin se venger l’homme qui l’avait vaincu et forcé à se faire oublier à Ken'Naoch. Mais une ancienne alliance avec le Jarl des Orcades, Mael Morda nous a été entraîné ailleurs, devant les murs de Dublin…  Ma première grande bataille
Je m’en suis sortie, de justesse, dans le chaos indescriptible qui a accompagné notre défaite, j’ai cherché mes compagnons, ceux de mon clan, je ne les ai pas trouvé… Ce sont les flêches du carquois bien rempli d'un cadavre qui m'ont sauvé de la mort quand l'heure de la débâcle a sonnée. J'ai fui le champ de bataille avec une seule idée: laisser derrière moi l'Irlande et sa guerre civile. Je rejoignis la côte et parvins à embarquer sur un navire normand, en payant mon passage au Capitaine Gwillerm. La destination m'importait peu, je trouverais bien un peu plus tard, un bateau qui me ramènerait en Ecosse.

La Branche Rouge

C'est sur ce navire que, quelques jours plus tard, je fis la rencontre de quelques hommes, hirsutes et rustres. Eux aussi fuyaient l'Irlande après la bataille de Clontarff... L'un d'eux, un gaël se prenait pour un roi, Il se nommait Aed Abrat. Il jubilait : il avait enlevé une femme et se promettait avec la rançon de prendre un meilleur départ dans une vie qui ne semblait pas avoir été très clémente à son égard. Son làin vert était élimé et les gallons qui l'ornaient avaient connu de meilleurs jours. La fibule d'or qu'il arborait fièrement ne devait au métal précieux que quelques grammes de plaquage. Il marchanda son passage avant de demander à payer à l'arrivée. Le capitaine était naïf, il accepta.

Durant le voyage, je me liais d'amitié avec les trois hommes et leur captive. J'avais dans mon paquetage plusieurs gourdes d'un alcool assez fort que nous fabriquions à Ken Naoch, cela aida, sans doute. Grand Seigneur, Aed me proposa de rejoindre ce qu'il appelait pompeusement la Compagnie de la Branche Rouge : trois Irlandais puants, sans le sous, mais correctement armés. J'étais loin de chez moi, seule et mon or ne ferait pas long feu. Alors autant être mal accompagnée que seule.

Mal accompagnée, je l'étais sans aucun doute. A notre arrivée dans le Cotentin, Aed nous convainquit de fausser compagnie à Gwillerm après avoir prélevé une large part du butin des Normands. Nous avons donc fuit, dans la nuit comme des voleurs. Encore fallut-t-il persuader Aed de ne pas mettre le feu au bateau. Le pauvre capitaine fut par la suite rejeté par ses hommes et tomba lui aussi dans les filets d'Aed, qui, après avoir tenté de le dépouiller lui offrit de devenir un "Compagnon de la Branche Rouge"... A ce rythme là, en quelques mois, Aed était à la tête d'un fière compagnie de guerriers sans engagement, de capitaines sans bateau, de seigneurs sans fiefs ; une véritable compagnie de mercenaires, des guerriers assez bons pour être toujours vivants après plusieurs revers, trop réalistes pour se battre jusqu'au bout sur un champs de bataille. Des lâches ou des opportunistes pour ceux qui pourrissent sous la terre, nos flèches entre les côtes, bref des hommes libres. Quelques païens, des chrétiens que les prédications laissaient froid et qui croyaient en la seule lame de leur épée, à la rapidité de leurs flêches. Des hommes qui se méfiaient de la hiérarchie, mais acceptaient tant bien que mal de suivre Aed, qui gardait son titre à chaque réélection, à chaque remise en question (fréquente) de son relatif pouvoir. Quelques mois plus tard, la Branche Rouge embarquait pour le Dannemark.
C'est là que je retrouvais la trace de mon père et de ceux de mon clan... Il était parti en Islande, avant de s'installer au Gröenland. Nous étions à la fin de l'hiver (1015). Je laissais mes compagnons, promettant de revenir vers eux un peu plus tard.

Le Vinland

J'embarquais dans un navire pour l'Islande. Sur place je dégotais un bateau qui partait vers le Groënland. Quand je parvins dans la colonie au paysage austère, mon père et quelques un de ses guerriers rescapés de Clontarff, faisaient leurs derniers préparatifs. Ils allaient embarquer pour une expédition vers un pays que l'on nommait Vinland, un pays où la terre donnait du vin et du bois à foison. Ma mère ne l'avait pas suivi en Islande, pas plus qu'au Groëland. Elle ne voulait pas quitter les rivages d'Ecosse. Les promesses de ces terres inconnues la laissait froide. Ma mère savait à qui appartenaient les terres de glace sur la mer. "Elles ne sont pas pour les hommes, tu périrras là bas lui avait elle annoncé avant son départ" et seuls quelques uns des guerriers rescapés de Clontarff avaient suivis mon père. Je retrouvais avec plaisir le navire sur lequel j'avais navigué, enfant. Je décidais mon père à m'emmener. Quelques jours avant le départ, nous nous retrouvâmes à Brattahlid, la demeure d'Eric le Rouge, fondateur de la colonie islandaise du Groënland, Eric mort 15 ans plus tôt. C'est sa fille naturelle Freydis qui dirigeait l'expédition. De quelques années mon ainée, elle avait déjà vu le Vinland, lors d'une précédente expédition. Pour elle c'était devenu comme une obsession. Son mari l'accompagnait ainsi que des marchands islandais les frères Helgi et Finnbog avec qui elle avait cofinancé le voyage. C'est eux qui avaient parlés du Vinland à mon père. Il fut décidé que nous ne partirions qu'à deux navire. Mon père laisserait le sien au Groënland, certains soutenaient qu'il n'était pas conçut pour effectué cette traversée; nous naviguerions sur celui de Freydis qui n'était de toute façon pas au complet.

Nous parvîmes au Vinland quelques jours à peine après notre départ. Nous passâmes près de trois ans sur ces terres... Notre expédition ne finit pas franchement dans la joie. La dépouille de mon père et de beaucoup de ses compagnons nourrissent ces terres nouvelles... Ma mère ne s'était pas trompée.

Je repris la mer sur le navire des Islandais qui tous étaient morts, massacrés par le mari et les compagnons de Freydis. Nous n'étions plus que quelques uns à mettre le cap à l'est. En quelques jours nous revînmes au Gröenland, bien décidés à garder secret l'essentielle de notre périple; Nous gardions du Vinland des souvenirs mitigés, de très bon et de beaucoup plus pénibles. Le navire des Islandais resta au Groënland et c'est avec le bateaux de mon père et quelques uns de  ses hommes, rescapés du périples, que je reparti en Ecosse porter la nouvelle de sa disparition à ma mère. J'embarquais ensuite pour la Norvège. Avant de disparaître, Asgeir m'avait chargé de rapporter à son père quelques un de ses effets.

Des alfs et du verre et fondu

Mon grand père était un très vieil homme; et je découvris avec plaisir le lock où il vivait, dans le nord de la Norvège. Un de mes cousin y avait pris le pouvoir après la mort de son père. Autant mon oncle avait favorisé l'Eglise autant lui avait décidé de lui faire la guerre. 

Enfant, il avait vu avec peine, mon père et son frère se quereller pour une histoire de foi et il m'accueillit avec chaleur...

Mon grand père vivait à l'écart du village. Après la querelle entre ses fils et le bannissement d'Asgeir,  il avait choisi de se retirer du monde. Il pratiquait la magie du seidr, la magie chamanique, dépendante des plantes et des moisissures... Une pratique réservés aux femmes où a ceux qui étaient prêts à tourner le dos à leurs attributs masculins à devenir des Hergis. La Magie du Seidr disait-on rendait impuissant. Mon grand père en riait. Il passait beaucoup de temps dans la forêt, un jour qu'il n'était pas rentré depuis plusieurs nuits, je le vis revenir, le visage maculé de boue, griffé par les ronces, nu. Il s'installa auprés du feu et me regarda d'un oeil pétillant;
-Les alfs m'ont parlé de toi, ils t'appelle Alwan Laëlinn : "l'étrangère, qui vient d'au delà les rivage", ils t'aiment bien...
Après celà, mon grand père m'a toujours apellé Alwan. quand il me présentait au village il disait Alwan Asgeirkdotir... 

- Parfois je réponds mon nom est Scathach fille de Derile. chez moi l'ascendance la plus importante est donnée par la mère.

- Bah un peu des deux non?

 Mon grand père avaient deux activités : trouver des plantes pour entrer en transe ou soigner les malades et fabriquer des perles de verre. Il m'apprit succintement la première en me jettant dans des odyssées hallucinées provoquées par quelques unes de ses drogues, il m'initia aussi à la deuxième. A chaque fois qu'une église s'édifiait dans la région, il attendait patiemment qu'on fit venir du verre d'italie pour les décors de mosaïque, il payaient alors quelques hommes pour lui rammener les précieux petit carreaux. Ce verre, il le fondait pour élaborer des parures qui se vendaient et s'échangait dans toutes la région, des perles splendides où se mêllaient les couleurs. Il me fit promettre d'aller en Italie et de lui en ramener les verres les plus fins. Je promis.
Je restais près d'un an dans ce fjord tranquille avant de me décider à reprendre ma route, j'avais choisi de retrouver la Compagnie de la Branche Rouge, il ne me restait plus qu'à les dénicher, quelque part en Europe.

Marchands d'esclaves sur la Baltique

C'est au Danemark que je les avais quitté, c'est donc là que je tentais de retrouver leur trace. Ils étaient partis vers l'Est pour suivre un marchand du nom de Jäni devenu compagnon de la Branche Rouge, je compris qu'ils s'adonnaient à un trafic assez lucratif d'esclaves. Je les retrouvais quelques mois plus tard sur la Baltique. Aed portait toujours son Làin élimeé les mauvais jours, mais exhibaient fièrement de nombreuses tuniques et manteaux aux couleurs criardes... Depuis quelques mois, il développait une forme de dédoublement de la personnalité et exigeait de se faire appeller Zacàn quand il portaient un manteau en soie bleu et orange du plus mauvais goût... le trafique d'esclaves ne lui réussissait pas.

La compagnie comptait désormais des membres venus de l'Est par Constantinople et les routes parcourus par les suédois, les finns et les russ : il y a avaient là d'anciens marchands d'esclaves mis sur la paille par les manoeuvres d'Aed, qui avait finis par rejoindre la Branche Rouge, quelques guerriers capturés lors de razzia et qu'un membre de la compagnie avaient décidé de libérer dans un élan de sympathie ou de lucidité face à leur talents guerriers; la compagnie comptait également un pirate de la Baltique, Nordhal mis sur la paille par ses propres manoeuvres malheureuses.

La Branche rouge comptait désormais une quarantaine de membres et on y parlait presque autant de langues d'Europe ou d'Asie Centrale.

 

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